Top 10 des choses (vraiment) intéressantes que Donald Trump est en train de faire mais dont personne n’a songé à vous parler
Donald Trump et son administration ont réussi à prendre des décisions et à mettre en place des réformes qui commencent à porter leurs fruits en moins de deux mois. Voici donc le top 10 des choses (vraiment) intéressantes que Donald Trump est en train de faire mais dont personne n’a songé à vous parler.
Avec Don Diego De La Vega 02/02/25
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1- LA LUTTE CONTRE LES GANGS
Don Diego De La Vega : Depuis le début de son nouveau mandat, Donald Trump a fait de la lutte contre les membres de gangs et de cartels, des migrants multirécidivistes ultra-dangereux, l’une de ses priorités. Il ne s’agit pas de quelques individus isolés comme dans le cadre des OQTF en France, mais de personnes souvent soutenues par des États particulièrement hostiles. Cela représente un travail de grande envergure, surtout compte tenu du nombre de personnes que Joe Biden a laissé entrer aux Etats-Unis, notamment des membres des gangs vénézuéliens. Cette lutte menée par le président des Etats-Unis s’attaque directement à ces groupes criminels. La méthode Trump est très différente de celle de François Bayrou. Ce n’est pas une démarche similaire à la gestion du cas de Boualem Sansal ou qui consiste à tergiverser sur des OQTF que l’on refuse d’exécuter. Cette lutte contre les gangs aux Etats-Unis est effectuée avec une extrême rapidité, efficacement et avec les méthodes d’un État souverain.
Cette différence montre le fossé qui sépare la France de la stratégie américaine. Les Etats-Unis agissent de manière plus résolue. Cela s’est traduit par des expulsions et des renvois massifs de personnes très dangereuses hors du territoire américain. Même si certains observateurs peuvent être déçus par d’autres aspects de la politique de Donald Trump, il suffit qu’il décide de renvoyer des centaines de membres de gangs des Etats-Unis et qu’un juge démocrate tente de l’en empêcher pour que Donald Trump regagne immédiatement quatre points dans les sondages. Les citoyens américains ont tendance à rapidement oublier certaines erreurs ou propos controversés de Trump. Mais si Donald Trump souhaite regagner rapidement des points dans les sondages, il sait se mettre en capacité de regagner la confiance des Américains, notamment via sa stratégie de lutte contre les gangs et les cartels.
Il est rarement mentionné que quatre millions de personnes non documentées sont entrées chaque année pendant trois années consécutives aux Etats-Unis sous l’administration Biden, ce qui est sans précédent, car traditionnellement, ce nombre était estimé à 1 million ou 1,5 million, sous les présidences de Trump, Obama, ou Bush. Il ne faut pas sous-estimer l’ampleur de l’immigration incontrôlée aux Etats-Unis.
2 – LES PRIVATISATIONS
La question des privatisations aux Etats-Unis n’apparaît quasiment jamais dans la presse française. Un programme intéressant est en cours pour les privatisations, même s’il est encore en phase de lancement. Le programme porte notamment sur la privatisation de Fannie Mae et Freddie Mac. Le dossier avait été mis sous cloche après la crise de 2008. Le sujet n’a pas beaucoup évolué depuis, mais la libération de l’offre immobilière américaine pourrait être envisagée. C’est un sujet controversé, bien sûr. Tout n’est pas parfait. Un certain nombre d’investisseurs douteux, comme Bill Ackman, dirigeant d’un hedge fund, ont commencé à s’impliquer. Toutefois, il fallait prendre ce genre de décision.
Donald Trump a eu plus de courage que d’autres en abordant ce sujet. D’autres actifs ont été privatisés, et bien qu’il y ait des critiques dans le camp démocrate, ce sont des sujets pendants depuis 10, 20, voire 30 ans. Je pense à la privatisation de la poste américaine, par exemple, qui est très inefficace.
3- LA TRANSPARENCE
Donald Trump, Elon Musk et Robert Kennedy Jr ont lancé des idées, des projets, des audits dans le but de mettre un certain nombre de dossiers sur la table afin de faire preuve de transparence. Il s’agit de dossiers dans de nombreux domaines, liés au Covid, à la défense, à l’histoire des États-Unis. Un effort considérable est fait pour garantir la transparence aux yeux des citoyens. Toutes les nominations au sein du gouvernement de Donald Trump avaient tendance à aller dans ce sens. Des membres du cabinet qui mettent les sujets sur la table, en toute transparence, qui organisent des réunions publiques ont été valorisés. Les sessions et les réunions du cabinet sont désormais quasiment toujours visibles à la télévision aux Etats-Unis. Les négociations avec certains responsables étrangers se font aussi en direct à la télévision. L’idée est de dire aux citoyens : “voilà ce qui se passe, voici comment cela se passe”. L’objectif est de faire preuve de transparence, d’essayer d’ouvrir les dossiers, y compris les vieux dossiers, notamment des éléments qui étaient classifiés par la CIA. Cela permet à l’administration Trump de s’attaquer au “deep state”, à l’Etat profond par la transparence.
Avant, le virus du deep state avait tendance à se répandre grâce au silence institutionnel. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Ce phénomène fascinant échappe complètement aux journalistes français, qui considèrent qu’il s’agit de personnes discrétionnaires, donc imprévisibles. Or, au contraire, ce qui était discrétionnaire, c’était la période précédente, où, par exemple, il était possible, sous le mandat de Joe Biden, de manipuler un bulletin de santé chaque semaine pendant quatre ans. Aujourd’hui, avec Donald Trump beaucoup de choses sont mises sur la place publique.
4- LE DOGE – LE DEPARTEMENT DE L’EFFICACITE GOUVERNEMENTALE
Le DOGE est souvent évoqué dans les médias en France mais principalement pour critiquer cette initiative. Pourtant, certains aspects positifs sont souvent négligés. Par exemple, le fait de confier des responsabilités à de jeunes professionnels et à des personnes issues du secteur de la technologie permet d’aller beaucoup plus vite. Si, par exemple, une commission d’économistes s’était réunie pendant douze mois, composée uniquement de diplômés ne s’étant jamais réellement confrontés au marché du travail, cela aurait abouti à un rapport classique et entraîné des procédures interminables. Or, avec une telle méthode, il ne se passe rien.
Grâce au DOGE, les choses avancent rapidement et efficacement. Les projets et les solutions ne sont pas initiés par des économistes âgés qui prônent une simplification administrative par 147 points. L’approche du DOGE consiste à s’attaquer aux problèmes de l’administration de manière pragmatique, en utilisant des méthodes inspirées de la Silicon Valley. Les objectifs sont indexés sur des données. Les gâchis concrets sont mis en lumière et cela permet de susciter l’adhésion des citoyens. L’idée n’est pas d’adopter une approche systémique et intellectuelle mais d’agir rapidement et avec efficacité.
L’objectif est d’être prêt pour juillet 2026, date à laquelle cette commission devrait normalement s’auto-dissoudre. Des générations entières vont étudier ce modèle. D’ailleurs, d’autres pays commencent à s’en inspirer. De grandes ambitions spatiales ont été redéfinies à travers le DOGE alors que l’on assiste à un abandon progressif de la Station spatiale internationale, ainsi qu’à la probable mise en pause du programme lunaire, qui était totalement déconnecté de la réalité, pour privilégier plutôt Mars. La nomination de Jared Isaacman, en tant qu’administrateur de la NASA, est aussi un atout. Parmi les autres mesures utiles grâce à l’impulsion du DOGE figure le fait d’avoir mis les entreprises Boeing et Lockheed Martin face à leurs responsabilités, en allouant des ressources à un objectif concret et pertinent, plutôt qu’à des projets inutiles, comme les stations orbitales autour de la Lune. Le DOGE est en grande partie une réussite grâce aux efforts d’Elon Musk.
5- ATTIRER LES ENTREPRISES ETRANGERES
Ce sujet est controversé. Il est évident que les tarifs douaniers sont problématiques. Manipuler ces tarifs au jour le jour revient à jouer avec le feu et ouvre une multitude de boîtes de Pandore. Je ne suis pas favorable au protectionnisme. Cependant, beaucoup d’observateurs oublient souvent de mentionner que cette pression par les tarifs douaniers permet d’obtenir certains avantages. Cela incite certaines entreprises étrangères à investir aux États-Unis. Lorsqu’une entreprise étrangère investissait aux États-Unis sous l’administration de Joe Biden, cela faisait la une des journaux pendant trois semaines, et toute la presse française en parlait, notamment en mettant en avant l’IRA, le programme de Joe Biden, la loi sur la réduction de l’inflation de 2022 (“Inflation Reduction Act”), qui a alloué 700 milliards. Mais ces investissements aux Etats-Unis par des entreprises étrangères sont à nouveau une réalité et sont beaucoup plus impressionnants avec Donald Trump, en l’espace de quelques semaines, sans que personne n’en parle.
L’entreprise CMA CGM, qui d’habitude cherche plutôt à acheter la paix sociale avec Emmanuel Macron, a décidé d’investir 20 milliards de dollars aux Etats-Unis. Cette opération doit permettre de réaliser un véritable investissement productif. De nombreuses entreprises européennes comme Schneider Electric bâtissent des projets d’investissements aux Etats-Unis. Les entreprises asiatiques sont aussi mobilisées pour investir en Amérique. TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) prévoit d’implanter une troisième usine en Arizona. Tous les jours, il y a de tels exemples et ces investissements représentent des sommes absolument colossales. SoftBank investit 100 milliards de dollars aux Etats-Unis, Taiwan Semiconductor Manufacturing Company a fait le choix d’investir 50 milliards de dollars. Ces résultats n’auraient pas été possibles sans un président dynamique, pro-business, capable de parfois contraindre les entreprises, en leur précisant que l’accès au marché américain est conditionnel. Il ne faut pas forcément valoriser cette méthode. Elle n’est pas forcément exportable.
La France ne dispose pas des mêmes moyens de pression. Cette approche n’est donc pas adaptée à tous les pays. Toutefois, il est intéressant de noter que les médias français et certains économistes passent leur temps à dire qu’Emmanuel Macron est un très bon VRP, mais lorsqu’un président comme Trump fait de même, cela semble inacceptable pour certains. Le président américain réussit à attirer des investissements étrangers, ce qui, même si ce n’est pas idéal, est un des trois axes principaux de ses promesses, à savoir réindustrialiser les États-Unis.
Est-ce que cela suffira à réindustrialiser véritablement les États-Unis ? J’en doute, car je pense que cela est quasiment impossible. L’avantage comparatif des États-Unis réside davantage dans les domaines immatériels que dans les secteurs purement matériels. Une fois cette promesse formulée et réitérée plusieurs fois sur la réindustrialisation, il est nécessaire d’agir, et Trump agit. Il avance avec des méthodes particulières, mais il progresse. Ce n’est pas comme Emmanuel Macron qui convoque tout le monde à Versailles pour faire du bruit sur deux ou trois petites entreprises qui investissent en France. Là, les investissements aux Etats-Unis effectués par des entreprises étrangères représentent des sommes absolument gigantesques et titanesques.
6- DRILL, BABY DRILL – LA LIBERTE DE FORAGE
Le plan de Donald Trump sur les forages est assez ambitieux. Certains prétendent que cela est incompatible avec la promotion des véhicules électriques, mais je ne suis pas d’accord. Augmenter la liberté de forage pourrait permettre d’obtenir davantage de gaz de schiste, ce qui ferait baisser les prix du charbon, et ainsi contribuer à sortir du charbon, ce qui est très positif pour la réduction des émissions de CO2. Cet argument est celui de Jean-Marc Jancovici, qui affirme que l’Amérique a réalisé des progrès considérables dans la réduction des émissions de CO2 ces dernières années, précisément parce qu’elle est passée au gaz de schiste. Selon Jean-Marc Jancovici, cela a été la meilleure politique possible pour concilier croissance économique et baisse des émissions de CO2 par habitant. Cela était déjà mis en place sous Joe Biden.
En examinant la production dans le Texas, dans le Bassin permien, il est possible de constater une continuité entre les administrations Obama, Trump et Biden. Cela se faisait par le passé de manière indirecte, à travers des restrictions administratives inutiles, comme avec le problème de l’oléoduc Keystone. Avec l’administration Trump, cela est fait de manière claire et assumée. La liberté de forer est étendue et les revenus générés par le forage sont utilisés pour l’approvisionnement énergétique ou pour un programme nucléaire. Il ne sera pas possible de monétiser les ressources géologiques pendant 100 ans. Un jour, il n’y aura plus de ressources dans le Bassin permien. Que se passera-t-il à ce moment-là ? Cela n’a pas encore été abordé sous l’administration Trump. Ce dernier est arrivé à un stade où un approvisionnement possible, sous forme d’un fonds souverain, pourrait être constitué, mais ce fonds serait alimenté par des privatisations, comme celles de Fannie Mae et Freddie Mac. Le lien n’a pas encore été fait entre les revenus générés par les ressources géologiques du Texas et l’idée de provisionner des fonds pour garantir une souveraineté énergétique américaine à très long terme, par exemple en investissant dans le nucléaire. Des personnalités comme Elon Musk plaident pour que des décisions soient prises en ce sens.
7- LA POLITIQUE ETRANGERE CONCERNANT LE GROENLAND, LE PANAMA ET L’EUROPE ET LES QUESTIONS DE DEFENSE
La politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de l’Union européenne et les projets de Donald Trump concernant le Panama et le Groenland sont présentés de manière biaisée dans les médias, notamment en France. Le Groenland est décrit comme un pays souverain, en oubliant de préciser qu’il existe déjà des bases militaires américaines tout au long du Groenland depuis des années.
En ce qui concerne le Panama, certains agissent comme si c’était un État indépendant. Or, il suffit de regarder une carte et de consulter un ouvrage d’histoire pour comprendre que le Panama n’a jamais été totalement indépendant des États-Unis. La dernière fois que le Panama a tenté d’affirmer sa souveraineté de manière nette, c’était en 1989, et il a reçu la visite de plusieurs divisions aéroportées américaines pour lui rappeler « les choses ». Cela a duré trois semaines, pendant l’administration de George H. W. Bush.
Quant à l’idée que l’Europe serait abandonnée par l’OTAN ou par les États-Unis, ce n’est pas comme si les pays de l’UE et les opinions des différents pays concernés n’avaient pas été prévenus. Cette possibilité et des avertissements ont été adressés et répétés à plusieurs reprises, notamment par Barack Obama, et par Donald Trump pendant plusieurs années. Ce discours a émergé depuis plus de dix ans. II était bien évident que l’Union européenne devrait payer davantage pour sa défense et qu’il n’était pas possible d’être complètement souverain tout en refusant de financer cette défense. Donald Trump, par ses annonces et sa stratégie dans ce domaine, a décidé de mettre les pieds dans le plat.
8- LA LUTTE CONTRE LE WOKISME
Personne en France ne montre à quel point l’administration Trump a mis l’accent sur le combat contre le wokisme dès le premier jour. Ce combat devrait être mondial. L’avantage de lutter contre le wokisme, notamment dans les universités et dans les administrations, est que cela permet de mettre un terme à de nombreux excès et de remettre de l’ordre. Ce sujet n’est pas présenté de manière honnête. Les citoyens ne se rendent pas compte en Europe à quel point le wokisme était devenu une dérive aux Etats-Unis. Cela est assez similaire et comparable à la question migratoire précédemment évoquée. Personne ne mesure combien cette situation liée au wokisme était devenue intenable. Les mêmes enseignements peuvent être tirés sur les finances publiques sous Joe Biden, où l’administration était persuadée qu’il était possible de dépenser 6 trillions de dollars sans jamais en subir les conséquences. Cela n’a pas été possible indéfiniment. C’est la même chose pour le wokisme.
L’un des atouts de Donald Trump est qu’il utilise ses relations dans le monde des affaires pour inciter les entreprises à renoncer au wokisme, notamment tout ce qui concerne la diversité et l’inclusion, qui sont aujourd’hui abandonnées par des entreprises comme Disney, Paramount, et bien d’autres, qui étaient pourtant très engagées dans ces politiques.
Cela se faisait de manière extrêmement perverse, puisque ce sont souvent les salariés qui décidaient de ces priorités, au détriment de l’actionnaire. Donald Trump est en train de lutter contre cela. La lutte contre le wokisme menée par Donald Trump reste assez peu évoquée et commentée en France notamment. Il est d’ailleurs surprenant que certains observateurs ne prennent pas conscience de la perversité des politiques liées au wokisme. Il ne faut pas croire que ce soit simplement un mouvement spontané aux États-Unis. Donlad Trump est clairement à l’origine de cette prise de position contre le wokisme. Et en quelques semaines seulement, il a déjà obtenu des résultats importants, ce qui est assez remarquable.
9- LA FERMETE FACE AUX REGIMES AUTORITAIRES
Sous Joe Biden, il y avait une tendance à être très anti-russe. Malgré cet aspect positif, cela a empêché de traiter d’autres dossiers importants comme l’Iran, la Syrie ou le Venezuela. Ces pays bénéficiaient de facto d’une sorte d’impunité. On reproche beaucoup à Trump de lutter contre le commerce international à travers ses tarifs douaniers mais si, en retour, il parvient à ramener certains outils sur le sol américain, au lieu de braquer une partie du commerce international vers cette région, ce serait une forme de libéralisation du commerce international. Le même raisonnement s’applique pour l’Iran. En durcissant le ton à leur égard, cela n’est pas choquant. Concernant le Venezuela, une politique de réciprocité est déployée. Les sanctions sont rarement efficaces. Le cas de l’Iran l’a démontré. Il est surprenant de voir que la Russie soit sanctionnée durement mais que le Venezuela ne soit pas sanctionné également. Cette stratégie qui épargnait certains pays, sous Biden, était assez incohérente. Dans le domaine de la politique étrangère, Donald Trump adopte une approche qui rappelle celle de Richard Nixon. Cette approche est plutôt positive.
Quant à la politique intérieure, seulement les excès ou les difficultés sont pointés du doigt et commentés dans la presse alors que des acquis significatifs ont déjà été réalisés en un temps relativement court par Donald Trump, du point de vue des électeurs potentiels du président américain. Les citoyens du parti démocrate critiquent et dénigrent les mesures de Donald Trump qui sont perçues comme des abominations.
Le président américain est en capacité d’agir rapidement par le biais de décrets exécutifs afin de mettre en application son programme et ses promesses de campagne. Cela peut choquer car lorsqu’un président est élu en France ou en Europe, il arrive qu’au bout de quelques semaines il fasse l’inverse de ce pour quoi il a été élu. François Mitterrand, par exemple, a tenu 18 mois avant de renoncer à ses engagements. Quant à Gerhard Schröder en Allemagne, cela a duré 24 heures. A peine élu, il avait adopté une politique de rigueur budgétaire. En Europe, nous trouvons toujours étrange qu’un dirigeant arrive au pouvoir et applique son programme.
Donald Trump a obtenu plus en 100 jours que beaucoup de décideurs occidentaux en dix ans. C’est une véritable performance.
10- LA BAISSE DU DOLLAR
Le dollar était trop élevé. La baisse du dollar, obtenue par Donald Trump, était une condition importante à la réussite de son programme économique, qui est un programme de rééquilibrage et de réindustrialisation des forces productives. Il était nécessaire que le dollar baisse de manière transitoire pour donner l’impulsion nécessaire, afin d’effectuer un désarmement monétaire à partir de taux d’intérêt trop élevés. Bien qu’il n’ait pas agi de manière parfaitement ordonnée et que le processus soit encore en gestation, Donald Trump a globalement obtenu une baisse significative et rapide du dollar. C’est une des premières fois qu’un décideur occidental parvient à obtenir cela en si peu de temps, concernant un sujet aussi crucial que la monnaie de référence mondiale. Bien que la méthode ne soit pas parfaite, le président américain a bel et bien réussi à faire baisser le dollar. Il est encore trop tôt pour dire si la FED suivra réellement et baissera ses taux, mais Donald Trump a bien amorcé ce mouvement. Il convient de comparer cela avec ce qu’Emmanuel Macron a tenté d’obtenir pendant huit ans. Le chef de l’Etat français n’a rien obtenu de comparable. Ce que Donald Trump a obtenu en si peu de temps est impressionnant et cela dépasse ce que beaucoup de décideurs occidentaux ont pu accomplir en dix ans. Il est possible de critiquer la méthode, la forme ou les intentions, mais son action a eu un impact réel, ce qui n’est pas le cas d’autres dirigeants sur une question aussi importante que le marché des devises.
Une partie de la baisse du dollar s’explique par la peur des investisseurs occidentaux face à la guerre commerciale. Ces derniers ont réagi en retirant leur argent, qu’ils ont réinvesti en Asie et en Europe, ce qui a contribué à faire baisser le dollar. C’est la mauvaise partie de la baisse. Toutefois, il existe une autre partie de cette baisse qui est intentionnelle, consciente et positive, et qui provient des pressions exercées sur la FED pour qu’elle baisse ses taux. La FED aurait dû prendre cette décision depuis plusieurs trimestres déjà. Ce bras de fer est, à mon sens, totalement nécessaire. La FED était devenue une institution complètement déconnectée de la réalité, manquant de vision à long terme et de transparence. Forcer Jerome Powell à agir était crucial. Donald Trump a perdu la première manche car il a fait l’erreur de mener deux combats simultanés : contre la Chine et l’ordre international d’un côté, et contre la FED de l’autre. Cela prouve qu’il ne faut pas trop vouloir embrasser plusieurs fronts en même temps, mais le combat contre la FED était nécessaire. Ce n’est que la première manche. Il y en aura probablement une deuxième et une troisième. Donald Trump a perdu une bataille mais il n’a pas perdu la guerre. Actuellement, il y a des problèmes de forme et de méthode, voire peut-être de finalité. Je ne suis pas sûr que la réindustrialisation des États-Unis soit véritablement l’objectif à poursuivre au niveau de la Maison-Blanche. Cependant, il est clair que la situation est bien moins catastrophique que ce que les médias laissent entendre. Les médias ne mettent en avant que la dimension négative, à savoir que le marché obligataire a retoqué Donald Trump et que ce dernier a dû faire volte-face. Toutefois, ce qui est souvent oublié avec la baisse du dollar, et qui n’était pas du tout anticipé par les uns ou les autres, concerne la détente monétaire, ce qui était précisément ce qu’il cherchait à accomplir.
Pour réussir une réindustrialisation aux États-Unis, il existe trois ou quatre éléments à développer, et celui-ci était absolument nécessaire en amont.
– LES PLUS GRANDS ECHECS EN L’ETAT DANS LA MISE EN OEUVRE DES PROMESSES DE CAMPAGNE DE DONALD TRUMP
Donald Trump a réussi à imposer des changements significatifs sur le fond, notamment sur le front de l’immigration, via le DOGE et avec la guerre institutionnelle contre la FED. Mais certains points sont complètement ratés. Le premier d’entre eux concerne son attitude envers la Chine, qui est trop hostile. Je trouve cela puéril et injustifié. Il y a une volonté d’humiliation.
Le président des Etats-Unis a également échoué – du moins, pour le moment – sur certains dossiers internationaux comme l’Iran ou l’Ukraine. Ces dossiers sont encore en suspens. La pièce a été lancée mais on ne sait pas encore où elle va atterrir. En ce qui concerne la guerre commerciale, il est évident que ce n’est pas un combat qui est bien mené. Il y a un réel problème dans l’idée que l’Amérique serait la grande perdante du commerce international, alors qu’elle a été la grande gagnante depuis 20 ans.
Il y a un flou dans le message. Ce combat semble donc mal engagé mais la situation reste fluide et négociable. Il y a une vraie erreur de forme, car à Washington, on semble croire qu’on est tellement fort qu’il n’y a plus besoin d’avoir des alliés. Cela frôle l’hubris et ce n’est peut-être pas la bonne approche. La méthode a échoué sur la forme et sur la manière de traiter les questions tarifaires. Pour le moment, la situation est encore incertaine. Cependant, la messe n’est pas encore dite. Il y a des réussites notables qui ont été occultées. J’espère que Donald Trump passera à la vitesse supérieure en choisissant ses combats plutôt qu’en menant tous les fronts simultanément. Il serait judicieux de commencer par la FED, avant de s’attaquer à d’autres problèmes. Donald Trump doit enclencher certaines réformes qui sont actuellement en préparation, mais qui n’ont pas encore été concrétisées, comme la réforme fiscale. Il serait judicieux qu’il puisse mettre fin aux biais qui favorisent le financement par endettement au détriment du financement par fonds propres. Il faudrait qu’il parvienne à doper l’impôt négatif (le crédit d’impôt sur le revenu) et qu’il réalise des actions utiles dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Un véritable accord constructif avec les Chinois serait une autre avancée. Il reste encore beaucoup à faire. Pour le moment, Donald Trump a fait des promesses, mais il est normal d’être encore à ce stade après seulement 100 jours. Le DOGE a donné une impulsion mais cette dynamique doit être confirmée. Même si les 100 premiers jours ont été brouillons, imparfaits et parfois outranciers, ils ont permis d’obtenir bien plus que ce qu’Emmanuel Macron a réalisé en huit ans


