Echec de la « transition énergétique »: l’éclipse de l’intelligence de l’Europe, par Finn Andreen
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Par Rédaction Courrier des stratèges
Continuant la série de ses articles consacrés à « l’éclipse de l’intelligence », Finn Andreen aborde aujourd’hui une question cruciale: celle de l’échec des politiques dites de « transition énergétique ». Leur maintien coûte que coûte est au cœur de la dérive anti-démocratique de l’Union Européenne. Les Européens sont contraints à réaliser une transition énergétique, entraînant une hausse permanente des prix de l’énergie, étouffant en même temps la compétitivité européenne. Bureaucratie, lobbies et partis mainstream ont eu jusqu’à maintenant suffisamment de mainmise sur les leviers du pouvoir pour empêcher une remise en cause.
L’ article précédent de cette série l’«Eclipse de l’Intelligence de l’Europe » concernait les économies européennes en difficulté, dont l’énergie fait bien sûr partie. Mais compte tenu de l’importance de l’énergie dans toute économie, et en particulier des coûts choquants associés à la soi-disant « transition énergétique » pour les économies européennes, il semble nécessaire de consacrer un article spécifique à ce sujet.
La « polycrise » est maintenant l’excuse de l’interventionnisme
Un document représentatif de la position de l’élite politique et financière européenne fut publié en 2023 ; « Faire du pacte vert pour l’Europe une réalité » de Strategic Perspectives, un thinktank politique centré sur l’UE et axé sur le climat, menant des actions pour la décarbonisation (zéro émissions nettes CO2) de l’Europe. Dans le contexte du conflit en Ukraine, ce document affirme que :
« Les décideurs de l’UE ont mis l’Europe sur une trajectoire de décarbonisation irréversible. Sur un continent aux ressources limitées en gaz et en pétrole, les Européens n’ont aucun intérêt à revenir au statu quo d’avant-guerre. »
Il faut rappeler que le prix du gaz en Europe a explosé à cause des sanctions placées par les européens sur la Russie. Mais outre cela, quel orgueil de la part d’un groupe de réflexion mondialiste, d’affirmer subjectivement une telle direction au nom de tous les peuples européens !Ceci est malheureusement la norme.
Le document poursuit en expliquant dans son résumé qu’en fait, le changement climatique n’est pas le seul moteur de la transition énergétique aujourd’hui, car… nous sommes en »polycrise » :

« La pandémie de COVID-19, la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et la crise du coût de la vie, ainsi que la concurrence industrielle des États-Unis et de la Chine, n’ont pas diminué l’importance de l’agenda climatique européen. Au contraire, le pacte vert pour l’Europe s’est révélé être une solution unificatrice aux multiples crises auxquelles l’Europe est confrontée, notamment la reprise économique après la pandémie, le changement climatique, la forte dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et la concurrence de la Chine et des États-Unis sur les technologies zéro émission ».
Puisque le mantra du changement climatique à lui seul pourrait ne plus être aussi convaincant pour beaucoup, des raisons ou des causes supplémentaires sont avancées. Des dépenses publiques massives seraient nécessaires – dixit l’UE – pour sauver et transformer tout le tissu économique des sociétés européennes, non seulement à cause du CO2 mais aussi à cause de la pandémie, de la Russie, du coût de la vie et de la concurrence industrielle. C’était, en effet, la ligne d’argumentation défendue par le Plan Draghi que l’UE aime tant.
Tout pour justifier plus de dépenses publiques et plus de centralisation du pouvoir à Bruxelles. Ce que les membres de cette minorité dirigeante européenne ne mentionneront évidemment pas, c’est que ces crises ont toutes été créées et amorcées par les actions désastreuses, ou les inactions désastreuses(selon les cas), de la classe politique européenne. C’est un exemple qui montre l’importance de comprendre la causalité en économie politique.
« Il semble contre-intuitif de croire qu’un agent responsable des problèmes sociaux devrait aussi être celui qui résout ces problèmes. La seule raison pour laquelle cette logique imparfaite continue d’être acceptée est à cause d’erreurs de causalité. Les causes réelles des problèmes économiques ne sont pas bien comprises par le grand public et sont souvent confondues avec leurs conséquences ».
Le coût pour sauver l’Europe n’est jamais trop élevé
Pendant des décennies, le Forum Economique Mondial a poussé à l’action contre le « changement climatique » et la nécessité d’une transition énergétique pour s’affranchir des énergies fossiles. Parmi ses délires mondialistes à Davos et ailleurs, le WEF écrit le lignes suivantes en 2022, comme toujours en essayant d’effrayer le plus grand nombre de personnes pour qu’elles se conforment à la minorité dirigeante :
« Il se passe à peine une semaine sans un nouveau rapport sur le prix que le monde devra payer s’il ne réduit pas rapidement ses émissions. Mais quel est le prix de la mise en place de la technologie nécessaire pour réaliser ces réductions massives ? »
La réponse est que le prix à payer est et sera ahurissant. Quand il s’agit de l’Europe, ils expliquent :
Le coût du passage à l’énergie propre [sic] d’ici 2050 sera de 5 300 milliards de dollars, selon un nouveau rapport du spécialiste de la recherche sur les faibles émissions de carbone Bloomberg NEF. Ce chiffre stupéfiant représente 25 % du PIB annuel total de l’UE (2025).
Même le WEF, dans sa folie, sait que ces énormes dépenses, à environ 200 milliards d’euros par an pendant 25 ans, n’auront peut-être pas lieu. Mais cela montre clairement les plans absolument insensés que l’oligarchie occidentale a pour l’Europe. Bjorn Lomborg, cependant, rappelle que la consommation d’énergies fossiles n’a jamais été aussi élevée et représente aujourd’hui 87% de l’énergie et qu’elle augmente plus vite que les énergies renouvelables :

Par Bjorn Lomborg sur X
Le WEF et d’autres institutions mondialistes comme l’UE rappellent constamment à tout le monde que les dépenses et la transformation sociétale ne vont pas assez vite. Le document officiel,« Mise en œuvre du pacte vert pour l’UE – Progrès vers la réalisation des objectifs , l’a résumé comme suit :
« Le présent rapport fournit une évaluation complète des progrès accomplis dans la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe, le programme de transformation de l’Union européenne visant à atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. […] L’étude montre que des résultats significatifs ont été obtenus jusqu’à présent, mais que les progrès doivent s’accélérer dans de nombreux domaines. À la mi-2024, 32 des 154 objectifs sont actuellement « en bonne voie» et 64 sont considérés comme «nécessitant une accélération», ce qui signifie que des progrès supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les objectifs à temps. En outre, 15 des objectifs sont considérés comme « ne progressant pas » ou « régressant » et, pour 43 des objectifs, aucune donnée n’est actuellement disponible. »
Le Rapport de juin 2025de l’Institute for Climate Economics (un groupe de réflexion français influent, axé sur l’atténuation du changement climatique), intitulé « The State of Europe’s Climate Investment », a quantifié l’écart à l’horizon 2030 :
« En 2023, les investissements climatiques dans l’UE ont atteint 498 milliards d’euros, soit bien en deçà des 842 milliards d’euros nécessaires en moyenne chaque année pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030, ce qui laisse un écart de 344 milliards d’euros. ».
Dans leur histogramme cette différence est illustrée comme suit :

Ce n’est jamais assez et toujours trop tard !
Le rapport affirme impudemment que ces sommes sont nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs non scientifiques et arbitraires de l’UE pour 2030 (qui en plus ont récemment changé, voir ci-dessous !), qui sont basés sur des menaces floues et variables concernant l’augmentation du CO2 et le lien précaire et incertain avec le réchauffement climatique :
» Parmi les objectifs de politique industrielle figurent la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % par rapport aux niveaux de 1990 et la neutralité climatique d’ici à 2050. Cette démarche est soutenue par le pacte vert pour l’Europe et le plan d’action pour le climat à l’horizon 2030, qui visent à faire de l’UE le premier continent neutre pour le climat.«

Voici les nouveaux objectifs arbitraires de l’UE à l’horizon 2030 comme excuse pour dépenser, dépenser, dépenser …
Les prix augmentent lorsque le principe du marché est abandonné
Pour l’ énergie et l’ électricité , les prix augmentent dans l’UE depuis plusieurs années, parfois très fortement, en raison justement de la mise en œuvre du pacte vert pour l’UE, des objectifs de l’UE à l’horizon 2030 et des plans de réduction de la consommation nette à l’horizon 2050. Voici en quelques graphes :


Augmentation du prix de l’énergie

Hausse des prix de l’électricité
Il n’est donc pas surprenant de voir que selon une estimation le « net zéro » et la politique de transition énergétique en Europe représentent aujourd’hui jusqu’à 40% de nombreuses factures d’électricité de nombreux européens, qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts :

La question qui tue : qui paie ?
Alors que les coûts énormes associés aux plans de transition énergétique sont mentionnés de manière plutôt désinvolte dans les citations ci-dessus des institutions gouvernementales et des ONG, et sans beaucoup d’informations de référence, la question de « qui paie ? » est une question fondamentale mais complexe. Non seulement les sommes en jeu pour la transformation sociétale en Europe sont si importantes qu’il n’est pas possible d’avoir juste quelques sources de financement simples. Mais c’est aussi un processus compliqué car le marché, en tant qu’institution libérale, lui-même est complexe (d’ailleurs souvent peu compris).
Ainsi, le coût global du système énergétique qui est voulu (et pas seulement qui paie) a été étudié en détail par les planificateurs mondialistes. Des politiques bien conçues (comme la tarification du CO2) visent à diffuser les coûts et à les étaler le plus possible, sous la forme d’externalités moins facilement détectables. Mais ces planificateurs ne semblent pas se soucier de l’impact réel sur les sociétés européennes, tant que cela favorise leur position de pouvoir.
La transition énergétique mondialiste est financée par une combinaison d’investissements directs des entreprises (soutenus ou amortis par les dépenses publiques), de dépenses publiques nationales et européennes substantielles et d’une répercussion significative des coûts sur les consommateurs d’énergie et les contribuables. La distinction entre « coût d’entreprise privée » et « coût public » est souvent artificielle ou intentionnellement floue, car d’un côté les investissements des entreprises reposent souvent sur des aides publiques (subventions, garanties, signaux du prix du carbone). Et d’un autre côté, les dépenses publiques visent souvent à mobiliser des capitaux privés, comme l’a clairement montré la Plan Letta ; c’est un des documents qui guident Bruxelles.

Qui va payer est clair comme le ciel bleu décarbonée ?
Alors que les entreprises privées investissent et que les organismes gouvernementaux dépensent (sic), une part importante des coûts revient en fin de compte aux citoyens en tant que consommateurs, comme vu ci-dessus (répercussions sur leurs factures) et en tant que contribuables (obligation de financer les subventions et les infrastructures soit par de nouvelles taxes, soit par une réorientation des recettes fiscales existantes).
Le marketing et la communication de l’UE et des think tank (i.e. une propagande sophistiquée) est donc essentielle, afin de convaincre les citoyens européens d’accepter des coûts plus élevés, d’abord pour l’énergie et l’électricité, mais en fin de compte sur les prix de la plupart des biens (à cause de la répercussion). Il est sous-entendu, évidemment, que c’est pour leur propre bien. De plus, la majeure partie des investissements publics est maintenant financée par la dette, ce qui fait peser les coûts sur les futurs contribuables, et ce qui rend l’opinion publique actuelle plus encline à accepter ces programmes. Il ne faut pas oublier que la majorité d’aujourd’hui est composée des parents et grands-parents de demain, de ceux qui subiront les conséquences sociales et économiques à long terme de ces politiques énergétiques dévastatrices et inutiles.
Le dénouement : le capitalisme fasciste mondialiste
Ce qui a été décrit ci-dessus est l’interventionnisme n’est autre que du capitalisme fasciste mondialisée, lorsque les banques, les entreprises et les intérêts de plusieurs États s’entremêlent, poussés par le projet mondialiste dans une relation de dépendance coercitive de connivence. La liberté, tant politique qu’économique, en est la victime évidente, comme de plus en plus d’européens commencent à réaliser.
Il n’est pas clair quelle est la valeur ajoutée réelle pour les sociétés européennes de ces programmes de dépenses massives. Non seulement le coût direct de faire des affaires en Europe augmentera en général, mais ces programmes créeront inévitablement des distorsions dans les économies européennes, favorisant certains secteurs et régions au détriment d’autres, quels que soient les efforts déclarés par les planificateurs mondialistes pour répartir les coûts de manière « équitable » et « juste » (sic). Certains entrepreneurs habiles en profitent bien sûr et continueront à le faire. Alors que certains secteurs, comme les énergies renouvelables, les batteries au lithium, la rénovation des bâtiments, l’IA et véhicules électriques bénéficient d’un élan significatif, d’autres secteurs et entreprises considérés comme peu importants, ou négatifs en termes de transition énergétique, vont en pâtir.
Étant donné que le marché européen a une faible demande naturelle pour cette transformation énergétique ou pour les biens qui y sont associés, l’utilité sociale et économique de ce plan peut être sérieusement remise en question. Dans l’ensemble, ces programmes imposeront aux sociétés européennes des coûts encore plus élevés, et tout à fait inutiles, dans un environnement de forte concurrence de la part d’autres parties du monde, comme les États-Unis et la Chine.
Ces plans de dépenses massives sont mis en œuvre depuis plusieurs années et ne peuvent être arrêtés ; la volonté politique de s’y opposer est trop faible et l’incitation économique à les adopter est trop fortes. De toute évidence, les européens n’ont pas grand-chose à dire en la matière, puisque ces décisions sont prises au sommet et de manière anti-démocratique par l’oligarchie occidentale représentée directement et publiquement par la Commission Européenne et le Conseil Européen. Il n’y a pratiquement pas un seul parti politique en Europe qui s’oppose à ces projets, car cela serait un suicide politique dans le climat actuel.
Comme si l’environnement économique actuel en Europe ne suffisait pas, ces politiques vont accabler les européens de dettes encore plus grandes dans un avenir proche. Elles créeront une croissance artificielle pendant un certain temps, mais rendra les entreprises européennes encore moins compétitives qu’auparavant. C’est une recette à long terme pour le déclin continu de l’Europe.


