
Le conflit d’Ukraine est en train de virer au naufrage pour M. Zelensky. La nuit du 3 au 4 juillet, comme pour saluer la fête nationale américaine avec un feu d’artifice approprié, les Russes ont lâché sur Kiev leur plus importante volée de missiles et de drones depuis le début de la guerre. Kiev n’a plus de DCA efficace pour les arrêter, et le chœur des pleureuses occidentales est lui aussi aux abonnés absents. Il n’y a plus que M. Starmer et M. BHL, à l’ouest, pour faire encore mine de croire à une victoire ukrainienne. Les plus agiles, comme M. Nécron, renouent à pas de loup le dialogue avec Moscou. Le 1er juillet, les Américains, eux, ont suspendu leur prochaine livraison d’armements. Ce stock, qui se trouvait déjà en Pologne, comprend des munitions vitales, comme des missiles Patriot et des obus de 155 mm. Comme l’a expliqué sans ambages un diplomate de Washington, « L’Amérique d’abord, eh bien, c’est ça !». Nos intérêts avant tout ! Or « nos » intérêts, désormais, c’est de préserver notre propre couverture aérienne et nos réserves de munitions de base. Pour nous.
QUAND LES CARTOUCHIÈRES SONT VIDES
Quoi qu’il en soit, les planificateurs du Pentagone ont fini par tirer les freins d’urgence après la calamiteuse « guerre des douze jours » qui a entraîné une attrition rapide et imprévue des missiles antiaériens israéliens, c’est-à-dire essentiellement américains (1). Hormis la perte de crédibilité de son bouclier antimissile, Israël a encore ébréché la réputation du fameux avion « furtif » F-35, puisqu’une unité au moins a été abattue au-dessus de l’Irak, et semble-t-il par un autre avion de combat. En ce début juillet, l’Ukraine perdait son quatrième F-16 depuis un an. Une fois encore, le pilote est mort avant d’avoir pu s’éjecter. Les chasseurs qui étaient censés renverser le cours de la guerre sont des tombeaux volants pour les rares Ukrainiens formés à les piloter. En quelques semaines, nous avons eu la preuve publique de ce que les analystes lucides clamaient depuis des années : malgré son budget frôlant le billion (mille milliards) de dollars, la puissance militaire américaine est un tigre de papier souffrant de lacunes colossales, aussi bien en termes de qualité qu’en termes de quantité, sans même parler du facteur humain : obésité, baisse cognitive, sélection négative imposée par la DEI (« Diversité, Équité, Inclusion »). Le redressement de ce mastodonte était l’une des priorités de Donald Trump. Le décret abolissant la DEI dans l’armée était signé dès le 27 janvier. Mais la relance industrielle et le rattrapage technologique sont une autre paire de manches.
La réindustrialisation américaine, au cœur du projet MAGA, est un effort de longue haleine qui exigerait le démantèlement de l’économie financiarisée qui gouverne aujourd’hui l’Amérique. On en est très loin — or les États-Unis restent de très loin le premier complexe militaro-industriel occidental. En ce moment, comme l’a reconnu le secrétaire général de l’OTAN, la Russie dépasse en trois mois la production annuelle combi- née des pays otaniens en matière d’armements. La production de missiles antiaériens ne semble même pas suffisante à repourvoir Tel-Aviv. Sans compter qu’en Ukraine comme en Israël, les très coûteux missiles Patriot ont montré leurs limites, et aussi leur âge. Ils peuvent seulement regarder passer des missiles hypersoniques aux noms persans ou slaves avant de s’autodétruire. Non seulement les pays de l’OTAN n’ont-ils pas de parade contre les missiles hypersoniques, mais ils ne savent pas même construire de projectiles équivalents. En la matière, leur retard se compte en décennies. Non moins alarmant, la pensée stratégique à l’OTAN se trouve pratiquement en mort cérébrale, encore figée dans les années 1990. Elle ne semble avoir intégré aucune des leçons spectaculaires du conflit ukrainien, notamment en matière de drones. Les porte-avions US, devenus des cibles flottantes, continuent de se pavaner sur les océans comme au temps des colonies, mais uniquement en eaux sûres. Le Yémen à lui seul les coulerait. Enfin, avec deux fronts ouverts qui engouffrent ses ressources et ses arsenaux, Washington s’est retrouvé, ironiquement, dans la situation même où ses propres conseillers se proposaient de placer la Russie. En 2019, on le rappelle, un fameux rapport de la RAND Corporation recommandait de sur déployer et déstabiliser la Russie en la harcelant sur son pourtour (2). Les stratèges de Trump voient avec horreur fondre leurs réserves alors que la « mère de toutes les batailles » n’a même pas encore commencé : celle qui, ils en sont convaincus, doit les opposer à la Chine.
CETTE IRRITANTE PLACIDITÉ DES RUSSES…
Malgré ce tableau désastreux, les dirigeants de l’alliance atlantique ne cessent de se préparer à une guerre contre la Russie que, selon tous les indicateurs objectifs, ils n’ont même pas les moyens de livrer, encore moins de remporter. Comment expliquer une telle dissonance ? Si on laisse de côté les explications psycho- pathologiques, il doit bien y avoir un autre fondement à ce bellicisme. C’est ce que nous allons essayer de comprendre ici. On observera en tout premier lieu que la prudence de l’adversaire semble les conforter dans leur agressivité. Alors que l’armée ukrainienne essuie des pertes insoutenables, qu’elle manque de tout et se voit réduite à alpaguer les passants dans les rues pour combler ses rangs, la Russie pense avant tout à son économie, entasse des réserves d’or et de munitions et n’affecte toujours pas plus d’une infime fraction de son budget à son « opération militaire spéciale ». Elle poursuit comme si de rien n’était sa mesquine guerre d’attrition, hameau après hameau, faisant terre brûlée devant ses troupes avec son écrasante artillerie. Les derniers échanges de morts et de prisonniers ont révélé une disproportion de pertes si fatale pour Kiev qu’on s’attendrait à tout moment au coup de grâce. Certes, le front se déplace vers l’ouest, mais à une cadence exaspérante, et les ponts du Dniepr par où s’approvisionnent les troupes ukrainiennes sont toujours intacts. On dirait en somme, comme l’observe Paul Craig Roberts, que Poutine a « peur de la victoire ». Qu’at- tend-il, enfin, pour mettre fin à cette boucherie ? Dans un essai de synthèse géopolitique remarquablement lucide écrit au lendemain du bombardement américain de l’Iran, Alexandre Douguine voit dans cette timidité une réminiscence de « Léopold le chat », personnage de dessin animé soviétique connu pour sa gentillesse et sa volonté de « vivre en paix » avec le monde entier. Pour lui, les illusions libérales de l’élite dirigeante russe au sujet de l’Occident sont une faiblesse et une faille de sécurité pour la Russie :
« La pire erreur serait de continuer à jouer le rôle de Léopold le chat, en s’accrochant aux vestiges d’un socialisme pacifique et à la vieille et naïve vision libérale du monde, en s’accrochant à l’ONU et à l’amitié entre les peuples. Au milieu de ce qui est, par essence, déjà la Troisième Guerre mondiale, une telle complaisance ne serait pas seulement une erreur — elle serait criminelle. Il est temps de regarder la vérité en face. »
Or voir la vérité en face, selon Douguine, consisterait à ne prêter à l’Occident que les intentions explicitement révélées par ses actes — et répudier définitivement les illusions du pacifisme bébête hérité de l’ère soviétique. Pendant que les Russes implorent Zelensky et ses sponsors de se mettre sérieusement à la table de négociations, ceux-ci ne voient toujours dans la paix qu’une… ruse de guerre, comme ils l’ont montré avec les accords de Minsk. « Ceux qui ont orchestré tout cela » — l’Ukraine, Gaza, le coup de force contre l’Iran… — « ont déjà décidé que la guerre en cours serait nucléaire ».
DES CONCEPTS « NOUVEAUX ET IMPRÉVISIBLES »
Qui aurait pensé, il y a quelques mois seulement, que le subtil Emmanuel Todd, quintessence de l’universitaire libéral d’origine juive et de culture anglo-saxonne, non seulement partagerait les vues géopolitiques d’un Alexandre Douguine, mais les alourdirait encore d’une dimension métaphysique ? Dans un grand entretien du 24 juin, Todd a lui aussi tiré les leçons de la calamiteuse attaque contre l’Iran qui a amené Israël au bord de la destruction. Pour- quoi cette agressivité sans plan défini et sans garde-fou qui finit par se poignarder elle-même ? En bon rationaliste, Todd applique la méthode du rasoir d’Occam : l’explication la plus simple est le plus souvent la bonne. Et l’explication qu’il privilégie s’ordonne autour d’un « concept central » : le nihilisme, devenu la religion de ceux qui ne croient plus en rien. Il rétablit en premier lieu les hiérarchies, montrant qu’Israël aussi bien que l’Ukraine sont les « molosses » d’une même puissance dont ils dépendent entièrement et qui les « lâche » selon ses besoins :
« Vous avez des États-Unis nihilistes qui pilotent un Israël nihiliste après avoir piloté une Ukraine nihiliste. » (Min. 36).
La vision semble primaire et choquante venant d’un chercheur académique. C’est que Todd est l’un des rares à plier ses vues au réel plutôt que l’inverse. Si les États-Unis et leurs molosses, dit-il (min. 51), «font des choses nouvelles, violentes et imprévisibles », alors « les gens qui pensent ont le droit de penser des concepts nouveaux et imprévisibles ».
LEUR VRAI DIEU
Ce qu’il y a de nouveau et d’imprévisible, Todd l’a explicité après coup dans un article bref et saisissant au sujet de la nouvelle religion de ces puissances.
« Je l’ai dit dans La Défaite de l’Occident : le vide qui succède au christianisme produit une déification du vide, ce nihilisme qui veut la destruction des choses, des hommes et de la réalité. Le nihilisme est la matrice des religions nouvelles. Mais la vraie nouvelle religion de masse, c’est le culte de la guerre. »
A l’oral, « improvisant quelque peu », Todd avait évoqué le dieu aztèque de la guerre au nom imprononçable. Revenant à l’écrit, il a trouvé une déité plus appropriée. C’est d’ailleurs le Pentagone lui-même qui la lui a suggérée :
« Le nom de l’opération de bombardement des sites nucléaires iraniens, Midnight Hammer, Marteau de minuit, nous désigne le dieu idéal. Le “marteau”, c’est l’instrument et l’emblème de Thor, dieu scandinave (et plus généralement germanique) de la guerre. […] Thor est, en ce début de troisième millénaire, le dieu des néonazis. Son monde originel scandinave est aujourd’hui le lieu d’un impressionnant revival belliciste. Je propose donc de nommer culte de Thor la nouvelle religion de la guerre qui succède, en pays protestant ou juif, au monothéisme et à sa morale. »
Thor, conclut-il, « est le vrai dieu de l’Amérique et d’Israël ». Ni l’argent, ni les ressources, ni le « grand échiquier » global, ni même les promesses territoriales de l’Ancien Testament. La guerre pour la guerre, ultime pulsion religieuse d’un monde qui, au fond de lui-même, ne croit plus à son propre avenir.
LA CENTRALE DU CHAOS
On peut admettre ou rejeter comme trop apocalyptiques les mises en garde de Douguine et de Todd — qui font écho cependant à l’inquiétude métaphysique de nombreux penseurs anglo-saxons sur l’effondrement satanique de leur propre civilisation. Elles permettent cependant de mieux comprendre les tergiversations de la Russie dans son opération en Ukraine. Ajoutons-y encore un éclairage, plus tactique et plus factuel. Andreï Ilnitsky est maître de recherches à l’Académie du ministère de la Défense russe et membre du présidium du Conseil pour la politique étrangère et de défense. Sans refléter la position officielle du pouvoir russe, ses analyses en sont certainement assez proches. Écrivant, le 26 juin « À propos de certaines nouvelles tendances et technologies de guerre de l’Occident », Ilnitsky relève la remarquable parenté de l’attaque « israélienne » contre l’Iran et de l’attaque « ukrainienne » contre les bombardiers du dispositif de dissuasion russe.
«Les mêmes conteneurs équipés de drones d’attaque qui frappent des sites stratégiques et les défenses aériennes de l’Iran depuis son propre territoire, les mêmes technologies en réseau pour mener les opérations, les mêmes bases secrètes sur le territoire du pays ciblé, le même réseau ramifié d’agents dormants mobilisés simultanément, les mêmes actes de terrorisme contre la population civile et assassinats ciblés, les mêmes récits dans les médias et sur les réseaux sociaux, la même coordination à grande échelle et la même participation de l’Occident collectif à la mise en œuvre de l’attaque israélienne.»
Il ne fait aucun doute, pour l’auteur, que les deux opérations ont été pensées, voire exécutées par une même instance. Instance dont le contour est d’ailleurs quasi insaisissable, tant elle est imbriquée dans la trame des services de renseignement et de guerre secrète de la CIA, du Mossad, du MI-6 et j’en passe. Pour Ilnitsky, l’attaque du 1er juin contre la triade nucléaire russe est moins un fait de guerre cinétique — elle n’a eu qu’un impact matériel limité — qu’un « acte de guerre mentale ». C’était un test de pénétration et de réactivité de l’appareil de dissuasion, mais aussi un choc destiné à provoquer des « vagues d’émotions réactives » au sein des populations russes — afin d’éroder leur sentiment de sécurité et de confiance dans leurs propres autorités. Ces deux objectifs renvoient à deux modes de guerre totale ciblant la Russie : soit le régime change — technique que les Occidentaux n’abandonnent jamais, même dans les situations les plus improbables —, soit, au pire, l’attaque nucléaire en première frappe comptant sur le coup de poker téméraire déjà dénoncé par Kubrick dans Docteur Folamour en 1964 : espérant que les Russes seront surpris « pants down » — en caleçon ! — parce qu’ils seront trop rationnels pour croire que «nous» puissions être aussi fous!
• Notule. Il y a soixante ans, l’Amérique vivait encore dans le christianisme « zombie » défini par Emmanuel Todd et avait encore quelque chose à perdre ; les nihilistes de 2025, eux, ont conservé beaucoup moins d’instinct de conservation. Ils sont infiniment plus dangereux.
UN RAGNARÖK À LA SAUCE WOKE
Ce vaste détour eschatologique nous permet, peut-être, de comprendre un peu mieux l’esprit précautionneux de M. Poutine et de ses conseillers. À l’heure qu’il est, ils se contentent de démilitariser l’Ukraine par abrasion comme on râpe du parmesan, en veillant à ne pas casser la meule. Elle est un abcès de fixation qui focalise les énergies destructrices de l’Occident sur un seul front et les contraint, par leur jusqu’auboutisme aveugle, à y engloutir leurs arsenaux en pure perte. Les Ukrainiens sont leur seul actif humain de qualité. Une fois qu’ils auront reçu leur prix Darwin collectif, évidemment à titre posthume, il ne restera plus, comme effectif militaire réel, que des Polonais et quelques milliers de Français. Le reste est totalement inapte au combat. Les seuls jeunes gens ressemblant à des soldats qu’on croise en Europe occidentale sont basanés et issus de l’immigration récente (eux, on leur réservera plutôt une fonction de police). Pour le reste, on peut estimer que les vrais guerriers européens prêts à mourir pour l’Ukraine ont déjà été passablement valhallisés comme « volontaires » dans le Donbass. Il se peut, donc, que les dirigeants russes soient bébêtes comme le chat Léopold, mais il se peut aussi qu’ils soient madrés comme des loups gris (3). En ce cas, ils savent, a) qu’ils font face non à l’Ukraine, mais à l’Occident collectif ; b) que l’adversaire, comme dit Ilnitsky, «ne s’arrêtera pas, il faut l’arrêter » ; c) mais que l’adversaire, de par sa structure en réseau, ne peut être arrêté que globalement, non localement. Que se passerait-il, par exemple, si le front ukrainien s’effondrait ? Si demain les Russes s’emparaient de Kiev et jetaient Lvov en pâture aux Polonais ? La guerre ne s’arrêterait pas. Pour sur déployer la Russie, on ouvrirait aussitôt le front Nord en comptant sur la bêtise suicidaire des roquets de la Baltique, comme les mouvements de l’OTAN l’indiquent et comme l’analyste finnois Tuomas Malinen le prédit — sans oublier de mettre le feu à la zone caucaso-caspienne via l’Azerbaïdjan et la Géorgie (d’où l’insistance sur le régime change dans ce pays). Pour la déstabiliser, on reconstituerait à Londres ou à Berlin un «gouvernement légitime ukrainien en exil» (GLUE), et l’on utiliserait ce pot de colle venimeuse comme emblème d’une guerre terroriste multispectre contre la Russie dont les «Ukrainiens» ne seraient que les exécutants, aux côtés des agents de la CIA et du MI-6 dans le pays, sans compter les libéraux et wokistes écervelés dont la Russie, comme l’Iran ou la Serbie, regorge en grand nombre et que personne ne dissuadera jamais de coller des bombes sous des voitures de ministres au nom de la «liberté» et de la «démocratie». Elle est là, la véritable armée de l’Occident. Et la guerre qu’elle va mener n’a plus rien à voir avec les chars et les missiles, là où l’Occident sait qu’il ne peut plus rien rattraper, ni en équipement ni en hommes. A un bout de l’éventail offensif, il y a la manipulation mentale et la guérilla terroriste ; à l’autre bout, l’arsenal nucléaire. Entre ces deux termes, il n’y a rien et il n’y aura plus rien, sinon cette irrésistible pulsion de mort. La nomination à la tête du MI-6 britannique d’une anthropo- logue sociale et « geek autoproclamée » aux origines ukrainiennes militantes (4) livre très explicitement la stratégie à venir : une extension de la guerre technologique — guerre de contrôle comportemental, de possession et d’hallucination induite — à tous les domaines de l’existence. Le renseignement britannique entre là dans des eaux qu’un John Le Carré lui-même n’aurait su naviguer. Cette guerre-là ne se terminera qu’avec l’effondrement du système nihiliste occidental et la disparition de ses hiérarchies héréditaires. D’un autre côté, de par sa pulsion de mort, il se livre à lui-même une guerre aussi impitoyable que celles qu’il livre au reste du monde. C’est le compte à rebours du vampire qui espère différer son propre anéantissement avec le sang des autres. D’où l’énervante patience des Russes.
NOTES
1. L’argument de la production « nationale » est essentiellement un habillage de propagande derrière se cache du matériel de chez Boeing.
2. Voir Jean-Marc Bovy : « Kaboul, fin de partie », AP322 ; « Comment faire basculer la Transnistrie ?», AP349.
3. « Les loups peuvent simuler une faiblesse ou une retraite pour inciter une proie, comme un cerf ou un élan, à baisser sa garde ou à s’exposer. Ils exploitent les failles comportementales de leurs proies avec une précision remarquable. » (Grok)
4. Voir les Turbulences de cette même édition.


